En prenant la plume à présent, je ne sais réellment quoi écrire. J'ai bien une idée derrière la tête, quelques mots par-ci par-là qui se mélangent, mais au fond... Tant de choses à dire, à exprimer... Ces derniers temps, je n'ai pas beaucoup écrit. Ecrit pour moi du moins. Ce n'était pourtant pas faute d'inspiration...
Non, car l'inspiration, elle est là, toujours, mais elle se manifeste beaucoup trop souvent alors que je ne peux pas prendre un crayon et une feuille pour mettre les idées sur le papier... Oui, car il m'est souvent arrivé ces derniers temps d'écrire... dans ma tête. Qui fut le sujet de mon inspiration ? (cherchez pas, vous avez vu où vous êtes ? ^^) Ben oui, ça en devient récurrent, je sais, mais... le vélo. Encore et toujours.
A l'aube d'une nouvelle saison, je ne peux m'empêcher de constater à quel point le vélo me fait du bien. Oui, il me fait du bien, comme jamais encore il n'a pu m'en faire. Quand je suis sur mon vélo, les jambes qui brûlent à l'effort, le souffle court, et le coeur battant, je ne peux m'empêcher de me dire que je suis plus que bien. Quand je rentre après une sortie, le maillot trempé de sueur, je ne peux m'empêcher de sentir un sentiment puissant de formidable bien être.
Sur mon vélo, je suis si loin de tout... il n'y a rien d'autre qui compte que les jambes qui tournent, le bruit du dérailleur, le vent entre les roues... Rien d'autre qui compte que la sensation intense de brûlure dans les muscles... Rien d'autre qui compte que le corps couché sur la machine... Non, rien d'autre qui compte...
Et il y a de ces jours où je me sens différente. Où je me sens tellement loin de tout ce qui est « la jeunesse ». J'ai l'impression que, du fait que je ne m'intéresse pas aux même choses que la plupart, que mes centres d'intérêt soient totalement différents de ceux de la majorité, je suis anormale et que je ne vis pas ma jeunesse « à fond ».
Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ne pas être fêtard, pourquoi ne pas aimer l'alcool, pourquoi avoir en horreur le shopping, pourquoi ne pas avoir les mêmes délires ; pourquoi tout cela ferait-il que je « perds » ma jeunesse ? Parce que je ne suis pas malheureuse. Loin de là. Non, tout simplement, ce qui me fait rêver, ce qui me fait délirer, ce que j'aime, et bien ce ne sont pas les mêmes choses que ceux que l'on appelle « les jeunes ».
Personne ne me fait de remarque, cela dit. C'est moi qui me pose les questions toute seule. I'm so stupid.
Et mes rêves alors ? Toujours peuplés de milliers de champions cyclistes, de millions d'hommes qui gravissent les cimes, courbés sur leur machine, n'écoutant que leur courage et leur rage de vaincre... Et toujours peuplés de cette envie indescriptible de voir le cyclisme sortir de cette impasse, grandi par les combats qu'il aura gagné.
Une nouvelle journée commence. Les rayons du soleil illuminent la plaine, et on peut apercevoir dans le matin naissant un homme et sa machine, avançant, seuls, au rythme du jour qui s'élève dans le ciel, sur l'asphalte éclatant. Il suffit d'admirer ce spectacle pour comprendre que le cyclisme, c'est tellement plus qu'un simple sport. Tellement plus que ça.
Quelques nuages se distinguent au loin. Le cycliste poursuit malgré tout son chemin, bien peu soucieux de quelques gouttes d'eau qui ne feraient que lui mouiller la peau, déjà luisante de sueur. Mais ce ne sont pas quelques gouttes qui commencent à tomber, ce sont de véritables cordes qui détrempent totalement le sol. Les roues glissent, le moindre geste revient à risquer une chute qui se pourrait être fatale. Et pourtant, il continue.
Voilà que quelques bouts de glace se mêlent à la pluie : c'est maintenant une averse diluvienne qui s'abat sur le bitume. Mais bien loin d'abandonner, il poursuit sa route.
Et quand bien même son vélo glisserait, quand bien même il se retrouverait à terre, la peau arrachée, quand bien même sa tunique colorée serait déchirée, il continuerait.
Un cycliste, ça n'abdique jamais.
Et tout à coup, quelques rayons lumineux réapparaissent, seuls importuns qui percent le manteau gris des nuages sans pitié.
C'est maintenant le vent, un vent nouveau et puissant, qui repousse les nuages loin, très loin. Le ciel reprend sa couleur azure, le goudron trempé commence à sécher.
Et l'homme et sa machine, toujours là au milieu de nulle part, qui continuent à avancer sans rechigner.
Voilà cet homme récompensé des efforts fournis. Il est seul. Il est le seul. Le seul à avoir continué le combat jusqu'au bout.
Le seul à avoir gagné.
Peu importe les bleus, les blessures.
Peu importe les coups reçus.
Peu importe tout cela.
Il s'en est sorti.
Peu importe tout cela...
Cycling can NEVER die.